L'édito de Pierric Annoot

L'édito de la semaine, dans le bulletin de communication aux sections du PCF 92.
Le conseil National réuni le week-end dernier marque le lancement de notre réflexion pour ouvrir en grand la construction d'une alternative politique victorieuse.
Beaucoup d'intervention ont fait le même constat : un très haut niveau de luttes sur tous les fronts depuis quelques années, mais sans victoires politiques.
La pandémie, l'urgence climatique, la crise sociale et démocratique accélèrent la prise de conscience des limites du mode production capitaliste et du régime politique actuel.
Mais si cette prise de conscience s'accélère, elle se heurte à l'ampleur des changements nécessaires, à la multiplicité des fronts sur lesquels intervenir.
Tout changer, mais par où commencer ? Comment ? Avec qui ?
Dans le même temps, le courant révolutionnaire et celui du progrès humain, n'ont jamais été autant déstructurés politiquement.
Nous sommes confrontés à trois défis qui font cohabiter chez de nombreux citoyen-nes envie d'agir et sentiment d’impuissance, colère profonde et manque de perspective :
- une situation sanitaire qui bride nos capacités d'intervention, d'initiatives publiques,
- une difficulté à appréhender et opérer les changements d'ampleur que nécessite notre crise de civilisation,
- l'absence d'une construction politique rassembleuse, crédible et potentiellement majoritaire.
La place que prend d'ailleurs dans nos discussions, la question de la candidature à l'élection présidentielle de 2022, ne traduit-elle pas une forme de renoncement à construire un rapport de force dans l'immédiat ?
À remettre à plus tard ce que nous ne parvenons pas à faire maintenant ?
Ou encore à rétrécir le champ de l'action politique et militante à l'unique perspective électorale ?
Pourtant, la situation politique du moment est très inquiétante.
Et si l'on parle de 2022, l'une des préoccupations immédiates est d'évaluer dans quelle situation se trouvera le pays à cette échéance, si nous ne parvenons pas à faire émerger dès maintenant, une alternative politique et faire grandir le mouvement social de résistance.
La crise de sens, de confiance, de crédibilité des institutions, l'état de putréfaction de la 5ème République, met également en question la capacité du pouvoir Macron à finir son mandat autrement que par la fuite en avant autoritaire.
Dès maintenant, nous pourrions nous adresser largement à toutes et ceux qui luttent, à toutes les forces du mouvement social, pour poser en grand la question : « construisons-nous ensemble les conditions d'une victoire politique ou continuons-nous à lutter de manière dispersée ?"
De ses 100 ans d'existence, notre parti à toujours été fort de cet apport déterminant : ne pas remettre le changement à des horizons lointains, concilier l'idéal et l'immédiat.