Le gouvernement recule quand les libertés progressent

 

La grande journée de manifestations du samedi 28 novembre a permis d’infliger un premier revers au gouvernement. Les présidents du groupe parlementaire LREM à l'Assemblée Nationale ont annoncé leur volonté de réécrire l'article 24 de la loi « sécurité globale » sous la pression du Président de la République, inquiet face à notre mobilisation.

Quelques jours à peine après la publication par Loopsider de la vidéo montrant le passage à tabac de Michel Zecler, cette disposition qui suscitait l’indignation était devenue insupportable.

Nous saluons cette mobilisation populaire remarquable qui a permis de présenter un front uni pour la défense des libertés.

Nous sommes fier·e·s que celles et ceux qui produisent richesses et services qui font tourner l’économie, ce grand nombre sache se rassembler quand l’essentiel est en jeu. Cette mobilisation doit continuer de s’amplifier. Elle le doit car si le gouvernement est désormais sur la défensive, il pratique l'esquive plutôt que l'abandon. L'exigence des citoyennes et citoyens mobilisé-es est claire : nous ne voulons pas une réécriture mais le retrait de la loi.

A l'art de l'esquive, la majorité présidentielle ajoute la passion du mépris. Selon C. Castaner, il « prend acte » d'une incompréhension. Or, nous avons parfaitement compris les dangers liberticides de la loi « sécurité globale » et nous exigeons son retrait pur et simple.

La mobilisation doit s'amplifier parce que l'ensemble de cette loi vise à étendre le marché de la sécurité en renforçant les pouvoirs des polices municipales et privées, et accroître la surveillance de masse au détriment de toute ambition de service public.

Pire, d'un coté le texte prévoit de dissuader les citoyens et journalistes de filmer et de l'autre il systématise la prise d'images par les policiers via les caméras piétons et les drones, avec un accès direct des agents aux vidéos. Ce qui ouvre le danger d'une altération des images et à imposer de fait un récit officiel des événements.

La mobilisation doit s’amplifier parce qu'avec l'article 25 du projet de loi « renforçant les principes républicains » qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre, le gouvernement cherche à faire revenir par la fenêtre l'article 24 en question en y introduisant les mêmes dispositions.

Ce projet de loi, outre sa philosophie générale qui vise à porter la suspicion sur l'ensemble des citoyen-nes de confession musulmane, remet en cause des libertés fondamentales sur le droit d'association ou encore consacre le pouvoir des préfets en lieu et place des maires et de la Justice.

La mobilisation doit s’amplifier parce que nos libertés fondamentales sont attaquées également dans la loi de programmation de la recherche (LPR) avec un article qui criminalise les occupations de facultés lors des mobilisations étudiantes, désormais passibles d'un an de prison et de 7500 euros d'amende et jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 d'amende pour des faits commis en réunion!

L’ensemble des mesures liberticides de ces lois constituent une puissante menace contre les mobilisations syndicales, féministes, anti-racistes que la macronie s’efforce de faire plier depuis qu’elle a pris le pouvoir.

Le gouvernement doit prendre des engagements très précis concernant la protection des libertés publiques, fortement malmenées depuis longtemps ; qu’il s’agisse du droit de manifester, des droits de la presse, de la liberté d’expression, de la laïcité et de la liberté de culte…

Pas un jour ne se passe sans que des institutions fondamentales ne soient dévoyées ou fragilisées. À porter atteinte à tout ce qui nous permet de vivre ensemble et de former une société, le gouvernement précipite le pays dans le morcellement.

Le PCF propose la mise en œuvre d’une VIe République pour cesser avec la monarchie présidentielle, sur laquelle les puissances financières ont raffermi leur contrôle. Emmanuel Macron n’a qu’un parti, celui de la finance ; c’est au nom de la finance et pour servir ses intérêts qu’il matraque, défait le service public, muselle l’expression populaire.

Il faut desserrer l’étau dans lequel ces gens étouffent notre démocratie. La Convention Citoyenne pour le climat en France, les référendums victorieux pour l’avortement en Europe, ont montré qu’on n’a jamais tort lorsqu’on fait le choix de la démocratie. Nous appelons donc à développer toute initiative, toute proposition de rassemblement, toute perspective politique permettant de protéger et d’amplifier les libertés publiques, les mécanismes d’intervention populaire dans les institutions.